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Esprit de novembre à Montréal
Date: 11 Nov 2008 / Views: 645 / Comments: 5
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Esprit de novembre à Montréal Par A. Kareem*
Le Centre Culturel Algérien à Montréal a pris une bonne initiative pour marquer les célébrations du 54e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale du 1er novembre 1954. Le dimanche 2 novembre, tous nos compatriotes en contacts régulier avec le centre ou son site internet salamontréal.com, étaient conviés à assister à la conférence-débat du politologue et économiste algérien M. Morteda Zabouri. Au-delà du contenu de la présentation qui avait pour titre « Le premier novembre entre une mobilisation pour la rupture du rapport colonial et la problématique de la construction d'un État », on a ressenti une fois de plus cette soif persistante chez les Algériens de vouloir toujours connaitre un peu plus sur leur passé pour comprendre leur présent afin de mieux appréhender leur avenir. Cette Algérie si grande par son histoire, ses Hommes et ses douleurs n’a toujours pas révélé tous ses secrets à ses enfants. Toutefois, un devoir de mémoire nous interpelle à tout moment. Il faut que tous ceux qui ont vu et entendu et savent quelque chose se mettent à le transcrire pour le bien de notre nation. Ce jour-là, sise au 2348 Jean Talon Est, en arrivant sur les lieux du Centre Culturel Algérien, qui partage le troisième étage de cette bâtisse rougeâtre en brique pleine, typiquement nord-américaine, avec avocats québécois et autre centre de langue chinoise, j’ai vite reconnu un air des chants que je n’entendais qu’une fois arrivée le 5 juillet ou le 1er novembre là bas au pays. S’était comme si nous étions au cinéma «Le royal» à Hussein-dey, en plein fête nationale; même le décor n’a pas dérogé à la règle, à la seule différence que cette fois-ci, ce sont des bambins sages comme des images qui sont à l’accueil de la porte d’entrée. Ils sont de cette nouvelle génération d’Algériens, soient nés ou arrivés dans la province francophone il n’ ya pas si longtemps. Lui, était bien sûr là, notre grand et bel emblème national. Il est là pour nous rappeler pour toujours, notre identité. Les bénévoles du centre étaient à cheval et bien décidés à la réussite de l’événement. Les correspondants des journaux n’ont pas tous répondu à l’invitation. Fallait-il être plus protocolaire ? Qu’à cela ne tienne, dans la salle de conférence, on a commencé par la projection de photos avec fiche descriptive de certains grands personnages et figures de notre guerre de libération. Kassamen vint enfin avec son lot de frissons pour nous donner le coup d’envoi officiel des célébrations. C’est une jeune fille de 11 ans, Asmaa qui est en 5e qui a lu dans un parfait français, sans accent québécois faut-il le signaler, la déclaration du 1er novembre 1954. Ce jour-là, le passé et l’avenir étaient réunis dans la salle, parmi les présents, il y avait ce nouveau-né d’à peine quelques mois qui accompagnait ses parents, ce jeune couple à la recherche du rêve nord-américain, mais qui a toujours besoin d’une ambiance maison et patriotique pour un juste équilibre. Un autre couple a quant à lui, choisi de ramener la grand-mère de 90 ans, originaire de Kabylie, une mémoire vivante et surtout lucide. C’est à elle qu’est revenu l’honneur de couper le gâteau de la fête. Après une autre projection dédiée au poète de la révolution Moufdi zakaria, l’éminent chercheur M. Zabouri s’est étalé au long mais pas en large sur cet État algérien qu’on cherche toujours à bâtir sur des fondations solides. Il a abordé un sujet plutôt sensible, qu’il a à peine mis en exergue, la décentralisation. L’assistance a essayé en vain de le pousser à en parler plus, mais elle n’a pas pu entendre plus que ça ce jour-là. Par la suite, des récompenses ont été remises aux jeunes participants au concours sur la mémoire de novembre via le net. Ce fut l’occasion de voir un convive de marque, le député de Viau, M. Emmanuel Dubourg, qui malgré un agenda chargé, a répondu à l’invitation et à tenu à marquer de sa présence, même pour quelques instants, afin d'honorer la fête de la communauté algérienne. Fallait-il se réunir entre Algériens et ne pas savourer quelque chose du pays. Du couscous, il y’ en avait à la sauce blanche et à la sauce rouge, a été offert. Une collation que les hôtes ont bien appréciée. Il fallait ensuite revenir dans la salle de projection pour suivre ce long documentaire d’une production française sur la guerre d’Algérie. Il était environ 9 h du soir, c'est-à-dire après six heures dans une ambiance pleine d’émotions et d’histoire, une dame algérienne que je nommerai Houria, car elle dit qu’elle a connu un peu de la période coloniale et est depuis treize-ans au pays de Samuel de Champlain ne cache pas ses émotions et est sortie retournée. « On n’oubliera jamais ça » répétait-elle. Dans le débat improvisé, à la sortie du centre avec trois retardataires et curieux d’apprendre sur la communauté et le pays, elle découvre que l’un des présents est un Martiniquais, elle toute heureuse de lui rappeler qu’un Martiniquais, Frantz Fanon pour ne pas le citer, a bien épousé la cause algérienne et a combattu aux côtés des algériens. Houria dira qu’on ne nous a pas assez appris à l’école sur ce psychiatre et penseur. Ce n’est qu’à Montréal a-t-elle dit, qu’elle l’a découvert. Elle préconise vivement de lire « Sociologie d’une révolution » la réédition en 1966 de « L’an V de la révolution algérienne » publié en 1959. On était tous repartis ravis d’une telle journée qui nous a fait revivre notre « algérianité » dans l’esprit de novembre, mais au fond, on se disait peut être tous la même chose : après près d’un demi-siècle d’indépendance avons-nous tout appris et compris sur notre histoire et notre avenir. * : A. Kareem : M. A. Kareem est ingénieur en électrotechnique, il est aussi journaliste professionnel spécialisé en sports.
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il ya 5 Commentaires
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Posté le 11 Nov 2008 par admin
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pour une premiere dans ce nouveau domaine "nelpoulitic" c'est excellent. kho, toi t'est un vrai tout-terrain, journaliste ou reporter, sportif ou politique, tu t'en sort toujours a merveille, inchallah tu pourrea trouver un boulot dans lequel tu mettra en exergue tes grandes capacités d'ecriture et de redaction et aller au dela du niveau peu fameu du sport, du foot et de competition.
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en lisant ton article même tardivement puisque on est déja au mois de fevrier j'ai eu l'agréable surprise de retrouver notre Adi qu'on aime qui nous manque tellement et qui fait en évidence sa franchise. Kareem ton papier m'a fait à l'interieur de la célébration organisée par le CCA montreal. c'est vivant comme toi d'ailleurs. trés bon reportage. je pense que t'as fait la bonne école... suis mon regard
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Pour une grande première, c'est très bien réussi, je sais que tu n's pas l'habitude d'aborder ce sujet sensible, mais tu tn'es bien tiré; féliciatations, il faut pesner à se reconvertir vers ce style qui peut t'ouvrir grandement les portes pour une nouvelle aventure. j'ai trouvé l'article trés_ interessant. Chapô !
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Merci pour cette commémoration du 1er Novembre 1954 qui nous a permis de nous retremper dans l'ambiance de ces années de braise. J'en ai vraiment été touché, surtout aprés le film qui m'a mis la larme a l'oeil. On ne saura jamais comme ces années ont été dures pour le peuple algérien et ce n'est que ces derniéres années que le voile se léve sur les récits et les images de guerre. Merci aussi pour la chaleur de l'acceuil et pour l'excellent couscous! Encore une fois bravo et vive l'Algérie! Khaled Daouzli
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Félicitations du fond du coeur pour vos initiatives qui font écho à chaque évènement. Vous donnez l'exemple de ce que doit être la citoyenneté dans un pays qui accueille tout en valorisant l'expression de sentiments sincères envers le pays d'origine. Une posture qui vous honore et qui ne souffre d'aucune contradiction! Equipe de salamontreal, mille salam d'Alger la blanche. Bien fraternellement, Abdelkrim
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