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Le spectre d’Hérouxville
Date: 23 May 2009 / Views: 665 / Comments: 7
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Le spectre d’HérouxvillePar Ahmed Bensaada (*)
La polémique hautement médiatisée entourant la récente position de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) sur le port de signes religieux dans la fonction et les services publics québécois a fait ressurgir le spectre d’Hérouxville, non pas avec le visage de son illustre conseiller municipal, mais sous les traits d’une pseudo-égérie encore en prise avec les vieux démons de son pays, confondant le nord de l’Amérique avec celui de l’Afrique. Mais en y pensant bien, cette bourrasque médiatique a quelque chose de surprenant. Autant je suis convaincu de la maturité de la société québécoise, autant je lui trouve, de temps à autre, un zeste de puérilité. Posséder autant de lettrés, de chercheurs et d’éminents penseurs et avoir besoin d’une tierce personne pour réfléchir à ses propres problèmes sociaux ne peut relever que d’une certaine forme d’infantilisme sociétal. Surtout si cette personne n'a rien d’autre à nous rapporter qu’une autobiographie romancée, affublée d’un titre auquel l’épithète racoleur ne serait qu’un euphémisme. Prônant la théorie du complot international ourdi par des créatures maléfiques arborant mantille et fichu, une donzelle s’est vue investie de la donquichottesque mission qui consiste à piétiner les décisions de cette honorable institution qu'est la FFQ, sous prétexte qu’elle est infiltrée par ces êtres malveillants. Dans ce cas, quels sont les arguments qui plaident en faveur du rejet des conclusions de la Commission Bouchard-Taylor? A-t-elle été, elle aussi, noyautée par des disciples de Ben Laden? Vouloir remplacer la compétence, l’intelligence et l’honnêteté de ces deux éminentes personnalités, en l’occurrence MM. Bouchard et Taylor, par les élucubrations d’une personne dont les connaissances dans le domaine ne dépassent pas le cadre du certificat de naissance a quelque chose de consternant pour toute la société québécoise. En effet, transposée au domaine médical, cette situation reviendrait à remplacer, lors d’une opération à cœur ouvert, un éminent cardiologue par un vulgaire arracheur de dents officiant sur les trottoirs d’une mégalopole du tiers-monde. Et que penser des policières britanniques ou suédoises qui patrouillent avec un voile? Ont-elles été recrutées par des partisans du mollah Omar? Et les gendarmes sikhs qui portent le turban dans l’exercice de leur fonction, font-il allégeance au granthi du Temple d’Or d’Amritsar? La vertu, c’est comme les dents : plus c’est blanc, plus c’est faux. Ces donneurs de leçons venant d’autres horizons crient au loup pour d’autres raisons : se faire un capital politique et, surtout, se purifier la laine. Cela suinte de leurs discours ponctués de « nous » et de « eux-autres », n’hésitant pas, évidemment, à se vautrer dans la première catégorie et à jeter le discrédit sur la seconde. Au lieu de disséminer leurs psychoses à travers les ondes, ces personnes devraient montrer ce qu’elles apportent d’effectif à la société d’accueil. Et dire, qu’au Québec, de nombreuses associations valeureuses travaillent d'arrache- pied, souvent bénévolement, pour l’insertion socioéconomique des minorités et en particulier maghrébine sans jamais faire la une des journaux! Tout ce brouhaha n’est pas pour aider cette communauté qui, selon les récents sondages, est fortement touchée par le chômage. Bien au contraire. Qu’on se le dise : la verve littéraire d’un Neil Bissoondath ou d’un Dany Laferrière est beaucoup plus enrichissante pour le Québec que l’insipide harangue d’une « auteure » à contre courant. Montréal, le 21 mai 2009 (*) Docteur en physique
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il ya 7 Commentaires
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Posté le 23 May 2009 par admin
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M. Achoubi,
Le sens de ma dernière phrase est une critique générale que j'adresse à un nouveau genre littéraire que vous devez connaître si vous suivez l’actualité. Voici un extrait d’un de mes articles publié en janvier 2008 : « Jamais la « littérature » mondiale n’a vu, en un laps de temps aussi court, autant de livres ayant pour sujet la maltraitance de la femme musulmane : Le voile de la peur (Assia Shariff, Algérie), Défigurée (Rania Al-Baz, Arabie Saoudite), Brûlée vive (Souad, Palestine) ; Mariée de force (Leila, Maroc) ; La femme lapidée de (Freidoune Sahebjam, Iran) ; Visage volé (Latifa, Afghanistan), Vendues ( Zana Muhsen, Yémen), Déshonorée (Mukhtar Mai, Pakistan); Bas les voiles ! (Chahdortt Djavann, Iran), Dans l’enfer des tournantes (Samira Bellil, Algérie) , Née en France. (Aicha Benaïssa, Algérie)…Les titres sont cinglants et racoleurs: les femmes musulmanes sont voilées, mariées de force, brûlées, défigurées, déshonorées, violées et, finalement, lapidées. Chose étrange pourtant : comment se fait-il que des sociétés musulmanes aussi rétrogrades puissent enfanter autant de talents littéraires féminins alors que les femmes n’y ont aucun droit ni aucune éducation? Ou alors servent-elles de prête-noms à des auteurs qui ont trouvé une mine d’or dans ce genre littéraire? » Loin de moi l’idée de dire que la situation de la femme est enviable dans les pays musulmans. Bien au contraire, et je suis le premier à le dénoncer. Cependant, force est de constater que toutes les dames que j’ai citées plus haut ne sont qualifiées d’ « auteures » que par leur discours et non par leur style. Elles sont mises de l’avant pour stigmatiser encore plus les musulmans. Aucune d’entre elles ne recevra le Goncourt ou le Renaudot, car elles sont dénuées de « verve littéraire ». Elles ne sont, en fait, que les instruments d’une presse à sensation. Les deux auteurs dont je parle à la fin de mon article sont des immigrants de la première génération qui ont réussi, grâce à leur talent littéraire, à s’imposer au Québec et dans le monde. Ils l’ont fait sans « écraser » ni « diaboliser » leur communauté : voilà un modèle à suivre. D'autre part, l’ « auteure » dont il est question dans l’article ne fait pas partie de la minorité que je veux défendre car elle s’en est sciemment exclue elle-même avec le discours qu’elle tient. Elle manie le « nous » et le « eux-autres » comme certains manient la carotte et le bâton. En ma qualité d’enseignant, j’ai eu des dizaines d’élèves voilées que j’aime comme mes propres enfants. Brillantes, studieuses et ambitieuses, elles peuvent apporter beaucoup au Québec. Protéger leur avenir, leur place et leur rôle dans la société québécoise est, pour moi, une noble mission, et pas le contraire. C’est de ces choses positives dont je veux parler.
Cordialement, Ahmed Bensaada
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M. Bensaada
Je ne suis pas polémiste et je n'ai pas la capacité de l'échange ou de la joute verbale ou écrite. Je ne suis pas, aussi, commentateur des idées, des opinions, des points de vue publiés sur le site du CCA. Mais ce que vous avez écrit m’a interpelé et j’ai exprimé un point de vue, parmi tant d’autres à l’adresse d’un enseignant, sauf erreur de ma part. Vous écrivez : la verve littéraire d’un Neil Bissoondath ou d’un Dany Laferrière est beaucoup plus enrichissante pour le Québec que l’insipide harangue d’une « auteure » à contre courant.
N’est ce pas là une ‘’critique’’ qui n’a pas sa place lorsqu’on se déclare défenseur des minorités ''et j'ajoute pédagogue'' ? L’Idéal, à mon sens et sans vouloir vous conseiller aurait été de soutenir cette auteure plutôt que de la comparer avec…et c’est là l’une de nos principales faiblesses
En ce qui me concerne, une chose est certaine c’est le grand respect que j’ai pour tous les enseignants. Si vous vous êtes senti interpelé ou offusqué, soyez sur que là n’était pas mon intention. J’accepte de ne pas être compris et les incompris sont nombreux….
Je vous propose, puisque vous avez l'habitude d'écrire, de faire le portrait de tous ceux et de toutes celles, parmi nos compatriotes, quel que soit leur appartenance ou leur croyance. De montrer que le potentiel existe et que seules les choses positives doivent être mises en valeur. Salutations et sans rancune. Samir
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M. Achoubi, Votre commentaire, qui est loin de respecter les règles de la bienséance, montre que vous mêlez bien des concepts: 1. Je n'ai pas écrit cet article pour vous montrer le courant que vous devez suivre; 2. Il n’y est nulle part question de la démocratie en Algérie ni ailleurs dans le monde; 3. Je n’empêche pas les gens de s’exprimer alors que vous me reprochez de le faire; 4. En démocratie, tout citoyen a le droit de s’exprimer sans jeter l’anathème (comme vous dites) sur une frange de la population qui porte le voile et la diaboliser; 5. En démocratie, les minorités n’ont souvent pas le droit de parole lorsque cette dernière est différente de l’opinion « majoritaire ». Les auteurs qui traitent de ce sujet ainsi que les exemples réels de battage médiatique font légion. Vous pouvez aussi lire certains de mes articles qui traitent du sujet; 6. "Il y a pire que ne pas être informé, c'est de penser l'être" 7. Je corrigerai votre avant-dernière phrase : « nous apprenons toujours, même si on est docteur en physique » mais « mais nous n'apprenons rien, même si on est commentateur sur le site du CCA»; 8. Vous dites : « Science sans conscience n’est que ruine de l'âme ». Cependant, « l'ignorance, c'est comme la science, ça n'a pas de bornes ». Avec les salutations d’un docteur en physique, scientifique, consciencieux et défenseur de la liberté d’expression, surtout celle des minorités.
Ahmed Bensaada
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Moi aussi je vais à contre courant. La problématique du port du foulard n'est pas étrangère à tous ceux et à toutes celles qui viennent d'Algérie. La différence entre notre pays d'origine et le Québec (pour ne pas dire le Canada, le Royaume Uni, les USA, la Suède, etc.) c'est que la démocratie n'existe pas. L'avis, l'opinion, l'expression libre existent dans tous ces pays et pas en Algérie. Tous ceux et toutes celles qui veulent s'exprimer peuvent le faire. À preuve les différents avis et commentaires qui sont publiés sur ce site. L'autre différence c'est que les idées intelligentes sont relayées et portées à la connaissance du peuple qui seul et en denrier ressort décide. Ce que je suggère c'est de ne pas jeter l'anathème sur celles et ceux qui ne sont pas d'accord avec nous. C'est la leçcon que nous donne tous les jours les démocrates des pays occidentaux. mais nous n'apprenont rien même si on est docteur en physique. ''Science sans conscience n,est que ruine de l'âme''. À bon entendeur Salut. Samir
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Mr Bensaada a subtilement su mettre les points sur les "i" de madame Benhabib. Les francais ont pour des raisons qui sont les leurs pris la contestable decision d'interdire le port du foulard à l'école et au travail. les musulmanes ont repondu sagement à cette decision, elles ont compris qu'elles ont le devoir civique et meme religieux de se conformer aux lois du pays qui les heberge. dans le souci de ne pas mettre en peril leurs avenirs et celui de leurs enfants. Les Canadiens, tout comme les Anglais et les americains ont quant à eux decidé non sans mure reflexion decidé d'autoriser le port du foulard. Madame Benhabib s'est insurgé contre les honorables législateurs à l'origine de cette loi. Elle aurait peut etre raison si le port du foulard a pour consequence de baisser le rendement au travail. Au contraire, celle qui porte le foulard fait tout son possible pour honorer le symbole qu'elle porte . A court d'arguments madame Benhabib a utilisé de douloureux drames qu'ont vecu des familles musulmanes , le pere qui tue sa progeniture et la jeune fille qui est assassinée durant la decennie noire de son pays l'Algerie. Dans les sociétés occidentales , on entends souvent un pere ou une mere qui tue ses enfants et se suicide pour une banale affaire, et que dire du monstre Autrichien qui a sequestré sa fille et sauvagement abusé d'elle pendant de longues années ....
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J'ai entendu le commentaire de M.Dany Laferrière et j'étais très impressionné par son intelligence et son courage à aller contre courant (de ce qui se disait dans les médias).
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bref, solide et apropos comme article. Dommage que ce genre d'article/interview/op-ed ne soit pas plus visible dans certain "media" locaux, du moins tout aussi visible que les nombreux torchons publies, infusé d'ignorance crasse, d'analyse imbeciles et de xenophobie pathologique.
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