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Les dix du CCA : Fait pour agir, durer et servir ce que doit…Par Abdelghani Dades (*)
Le Centre Culturel Algérien de Montréal, créé au plan juridique le 1er mars 1999, a bouclé ses dix années de vie effective le 16 avril dernier.
Dix ans, en temps humain, c’est la prime jeunesse; mais pour cette association – qui est désormais une Institution – la seule mesure d’âge adéquate consisterait à multiplier le nombre des bénéficiaires de ses services par le nombre de ses actions. Né dans un paysage associatif d’inspiration maghrébine alors quasiment désert, Le Centre Culturel Algérien de Montréal, c’est aussi, au-delà de cette tentative de quantification et de mesure du temps, l’histoire de la ténacité hors du commun d’une poignée de pionniers, créatifs et imaginatifs, innovateurs et audacieux, qui n’ont pas craint de bousculer les idées reçues et les préjugés, pour doter leur communauté culturelle d’un espace de rencontre et d’action grâce auquel elle a su devenir visible et à travers lequel elle démontre chaque jour la qualité et l’importance de ses apports à la société d’accueil. Trois grands principes… Mais ce résultat n’a pas toujours été facile à concrétiser. On sait que, par atavisme sans doute, les maghrébins sont réticents à tout leadership même lorsque leur intérêt collectif en dépend. Mais cette réticence ne doit rien à de la méfiance ou à de l’hostilité. Elle procède en fait d’exigences élevées nées d’attentes qui ne le sont pas moins. Le premier acte d’intelligence des fondateurs du CCA a été de ne pas négliger cette prédisposition collective. Dès les premier pas, l’association s’est ainsi donné pour règle de privilégier l’action collective. Le second principe sous-tendant sa démarche a consisté à répondre en priorité aux besoins essentiels de la communauté et non pas à ses aspirations immédiates parfois un peu artificielles. Dans le concret, cela s’est traduit par des démarches et des programmes visant à améliorer (ou à adapter, c’est tout comme!) les capacités et compétences et donc l’employabilité des membres de la communauté. Il y a dix ans de cela, quand on ne parlait pas encore du scandaleux taux de chômage qui affecte notre communauté, CCA Formation a été d’emblée érigé en outil principal. Cela s’appelle, au choix, de la prescience, de la prospective ou, plus simplement, une réelle connaissance du contexte dans lequel on évolue. Le troisième axe d’intervention a été le refus de laisser des «chaises vides» dans les espaces de débats interculturels, intercommunautaires, municipaux ou provinciaux. Le CCA a ainsi été de toutes les scènes de dialogues, algéro-algériens, maghrébins, montréalais ou québécois; de la table Maghreb du MICC au forum Taylor-Bouchard, même lorsque le cœur n’y était pas, il a fait entendre sa voix et celle des maghrébins et ainsi, activement milité pour le rapprochement des personnes, le dialogue des cultures, l’égalité de tous devant les droits et obligations citoyens et l’harmonie sociale. …et un clin d’œil Devant quoi, les actions en matière de culture et loisirs ou ne l’oublions pas de solidarité sociale, nombreuses et fort appréciées, ont pu faire figure de cerise sur le gâteau… Mais ce que l’on retiendra de tout cela, c’est que – lentement et sûrement – le CCA a assis sa crédibilité et réduit les résistances. On n’en voudra pour preuve que le nombre de bénévoles qui chaque jour un peu plus nombreux, viennent spontanément lui prêter main forte. Ainsi faisant, le CCA a construit une structure qui est faite pour durer non pas dix, mais des dizaines de décennies et rallier des dizaines de générations. Pour tout cela, l’envie est forte de citer des noms et de rendre des hommages personnalisés aux fondateurs. Cela risquant de choquer leur modestie, on se contentera d’un amical clin d’œil vers ceux avec lesquels parmi eux nous avons eu le plaisir de travailler, les Ahmed, Adel, Karim, Djamel et à tous les autres Salim, Mohamed, Lamine etc.
(*) Abdelghani Dades éditeur du Groupe Atlas Média (journal, Atlas Média, une production d'émission télévisé pour 2M international et quelques émissions de radio). Il a été rédacteur en chef d'Al maghrib (1982-1984), directeur de la Tribune Populaire (1994-1998) et rédacteur en chef de la Vie Économique (1996-2000). Depuis son installation à Montréal, il est très engagé dans le mouvement associatif maghrébin. Abdelghani est également membre associé de la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec (FPJQ). Pour savoir plus, consulter le site suivant : www.atlasmedias.com.
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