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CCA, dix ans et l’avenirPar Mustapha Chelfi (*)
Photo de Mohamed Aziz Le Centre Culturel Algérien, pour mieux atteindre ses objectifs, devrait recevoir un indispensable financement. Le temps passe. fJ’étais persuadé que le Centre Cultutrel algérien (CCA) avait plus de dix ans. Quinze, dans ma tête. Finalement, J’ai compris pourquoi. En se démultipliant, en étant sur toutes les balles, le CCA fait montre d’ubiquité tant dans l’espace que dans le temps. Il est ici et là, passé, présent et futur confondus, reçoit des immigrants égarés, organise des formations, planifie des voyages aux chutes du Niagara, à New York, sert d’interface au ministère de l’Immigration; a, dans ses cartons, des projets importants tels ceux qui concernent les États-Majors de la communauté maghrébine. C’est aussi la seule association qui a présenté, en juin 2008, un mémorandum complet au colloque organisé par l’APN sur la communauté algérienne établie à l’étranger, spécifiquement au Canada. D’où le CCA tire-t-il cette énergie? Ahmed Mahidjiba et tous les bénévoles qui l’entourent ont la foi qui déplace les montagnes. On ne sait pas assez que le loyer des locaux que le CCA occupe est payé à même la cassette personnelle des bénévoles. On ne se rend pas toujours compte que c’est après une journée de travail bien remplie que les bénévoles du CCA entament une deuxième, after hours, pour répondre à la demande. Sans vouloir passer de la pommade, il faut rendre à César ce qui appartient à César et au CCA ce qui lui revient : un abattage exceptionnel, une implication communautaire de premier plan, une visibilité hors du commun. Le CCA a-t-il pour autant fait le tour de la question communautaire? Clairement, la réponse est non. Toute cette activité, ce dévouement, cette empathie pourraient mieux atteindre leur cible si le CCA disposait d’un peu plus de moyens. Il est saisissant de constater qu’une association, dont les membres sacrifient leur vie de famille, ne dispose pas d’un financement des pouvoirs publics. Il serait utile que le ministère de la communauté algérienne établie à l’Étranger passe de la parole aux actes et budgétise, dans la prochaine loi de Finances, des enveloppes financières qui iraient à toutes les associations qui activent vraiment en direction de la communauté, dans tous les pays où les Algériens sont établis. Le retour sur investissement est garanti. Même si le CCA – et d’autres associations – font preuve d’abnégation et de total désintérêt, le nerf de la guerre demeure l’argent. À ce propos, un financement public – indispensable- ne devrait pas être assorti de conditionnalités, genre «Qui paye contrôle». Le CCA a assez fait la preuve de sa bonne foi, résultats à l’appui, pour être dispensé de cette laisse. Un financement complémentaire pourrait être fourni- par un juste retour d’ascenseur- par la communauté. Chaque Algérien, chaque personne reconnaissant le travail fourni par le CCA , pourrait apporter une contribution symbolique mais qui, au final, les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, pourrait se révéler décisive. Ce serait alors la plus belle réussite et le plus beau cadeau d’anniversaire : une relation dialectique entre le CCA et la communauté.
(*) Mustapha Chelfi est journaliste, directeur et éditeur du journal Alfa (www.journalfa.ca ).
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